[Le seuil de rentabilité]





Charges fixes et variables

Certaines charges varient en fonction du niveau d'activité : matières consommées, heures de machine, énergie... elle constituent des charges dites variables (que nous noterons CV). D'autres sont relativement stables pour un niveau d'activité donné, amortissements, assurances, loyers…. ce sont des charges de structure ou charges fixes (que nous noterons CF). Pour que l’activité soit rentable, ces charges (CV+ CF) doivent être couvertes. Le seuil de rentabilité est le chiffre d'affaires pour lequel l'entreprise ne réalise ni perte ni profit. Autrement formulé, le seuil de rentabilité est le CA pour lequel la marge réalisée sur les coûts variables (MCV) est égale aux charges fixes (ce que l’on gagne par rapport aux coûts variables couvre les coûts fixes). Cette dernière formulation nous permettra de calculer aisément ce seuil.



comprendre la strategie

Le calcul

Le tableau différentiel permet de calculer la marge sur coûts variables (ou coûts proportionnels) et la marge nette. Dans le cas d'une entreprise mono productrice (vente d'un seul produit), la marge sur coûts variables est calculée en soustrayant les coûts variables au chiffre d'affaires (ce qui reste après paiement des coûts variables). La marge sur coûts variables c’est : Chiffre d'affaires - Coûts variables. La marge nette est calculée par différence entre cette marge sur coûts variables et les coûts fixes. Par exemple si une société réalise un chiffre d'affaires de 8 500 avec des coûts variables s'élevant à 2 550 €, et les coûts fixes à 5 200 €…


Les charges variables sont proportionnelles au chiffre d'affaires. II est possible d’exprimer la marge sur coûts variables en pourcentage de ce chiffre d'affaires. Le seuil de Rentabilité est égal à CF/TMCV ou encore SR=CA x CF /MCV, en l’occurrence, 5200/0,7 (70%), soit 7428 (7500).

... suite et fin.

Explication et démonstration

Attention, prise de tête pour ceux qui n’aiment pas la logique… au seuil de rentabilité ; nous avons l’égalité suivante : bénéfice = perte = 0. Ce qui peut s’exprimer aussi en disant que le chiffre d’affaires moins les charges donne 0 : CA – (CF + CV) = 0. Pour atteindre ce CA qui couvre mes charges, il suffit que ce qui me reste lorsque j’ai payé mes coûts variables finance mes coûts fixes, vous me suivez ? Autrement dit, la marge qui reste sur les coûts variables est égale aux coûts fixes, c’est cool. Si l’on admet que ces marges et ces coûts sont proportionnels, on va pouvoir calculer à quel moment ils sont couverts les uns par les autres. On a calculé plus haut à cet effet, la proportion que représente ces coûts variables par rapport au chiffre d’affaires constaté les années précédentes ou prévu pour l’année d’après : cette proportion s’appelle le taux de marge sur coûts variables ou TMCV en langage «jeuns» et TMCV= CA/MCV, ça c’est gravé dans le marbre. Du coup, on va repasser dans l’autre sens : MCV = CA x TMCV. Pour terminer cette démonstration ô combien brillante, on remplace les données que l’on a par celle que l’on cherche. Au seuil de rentabilité, CA=SR, donc MCV = SR x TMCV. Or, MCV=CF. Donc MCV = SR x TMCV peut s’écrire CF = SR x TMCV. Donc SR = CF/TMCV ou encore SR=CA x CF /MCV. CQFD. C’est top, non ? Au pire vous n’avez rien compris à la démonstration et comme tout un chacun vous retiendrez que si les coûts sont proportionnels, on peut appliquer une formule et ce sera parfait !

En pratique, cette analyse dite « différentielle » est particulièrement intéressante et facile à mettre en œuvre. Elle peut être réalisée dans le cadre d’un business plan en partant sur des données prévisionnelles ou sur des données constatées. En renversant l’approche, on peut confronter les objectifs commerciaux ainsi déterminés aux autres données de l’étude du marché. Le seuil de rentabilité calculé peut être exprimé en quantité, en valeur ou en jours d’activité (point mort) à l’aide de simples règles de trois. ■